Des espaces de coworking pour « séparer vie privée et vie publique »
TLN RBT - N.G. et F. C. - 30/09/2020
Fort de ses 1 700 m2, l’espace « Stop & Work » de Maisons-Laffitte est un peu le temple du télétravail. La société a déjà implanté trois de ses centres dans les Yvelines : à Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, et donc Maisons-Laffitte, qui peut potentiellement accueillir jusqu’à 250 personnes hors période de restrictions sanitaires.
Flexibilité
Cette société propose « une solution, flexible et adaptée aux besoins de chacun ».
« On atteint actuellement les 30 à 35% d’occupation sur ce site actuellement (contre 15% en juin 2019, N.D.L.R.) », livre Julie Perregaux, sa directrice commerciale. Une progression qui a cependant un peu stagné depuis quelques mois.
L’espace de coworking n’a pas autant bénéficié que prévu du télétravail subi des salariés durant la crise sanitaire. Sur le site de Versailles, le constat est sensiblement le même : « Nous avons eu beaucoup d’annulations suite à la mise en place du confinement », indique la structure. « Mais depuis septembre, les demandes sont de retour. Les gens nous demandent surtout des places dans l’espace de coworking et l’open space, explique Stop & work. Ils souhaitent dissocier la maison et le travail. Depuis début septembre, nous avons plus de demandes et de visites en ce sens, surtout de personnes seules. »
Les locaux de Stop & Work à la gare des Chantiers de Versailles se remplissent ainsi petit à petit, avec un taux de remplissage autour de 50% pour le mois de septembre. Ils sont tout de même nombreux ces travailleurs nomades, qui disposent ici de bureaux privatifs ou collectifs, répartis sous forme d’open space.
Zuwen, un Mansonnien de 35 ans, fait partie des occupants du site de Maisons-Laffitte, l’espace bénéficiant d’un environnement de travail semblable à celui que l’on trouve en entreprise (salles de réunion, machine à café, connexion très haut débit, etc.). Sur sa carte de visite, l’adresse rue Mermoz de Stop & Work y est d’ailleurs bien spécifiée.
« C’est exactement comme si c’était mon bureau » Ce négociant en vin a créé l’entreprise Clos Neuf. Il vise surtout le marché asiatique, en particulier chinois. « Je suis installé ici depuis un an environ. C’est moderne, bien équipé. De temps en temps, je reçois mes fournisseurs ici. C’est exactement comme si c’était mon bureau, car je tiens absolument à séparer vie privée et vie publique », commente ce trentenaire.
Comme lui, de plus en plus de travailleurs nomades, autoentrepreneurs ou salariés d’entreprises, franchissent le pas de bureaux délocalisés plus proches de leur entreprise. Depuis début septembre, Stop & Work note un net regain de demandes. « Nous n’avons pas de boule de cristal pour savoir ce que les entreprises vont mettre en place maintenant. Mais, ce que l’on constate dès à présent, c’est que de plus en plus d’entreprises nous intègrent dans leurs solutions Covid, assure Julie Perregaux. Par exemple, pas plus tard qu’hier, j’ai fait visiter nos bureaux aux représentants d’une entreprise qui souhaitait proposer à ses salariés une solution adaptée afin de leur éviter de prendre les transports en commun. »
Côté tarifs, il vous en coûtera 89 €/mois pour disposer d’un bureau ou d’un espace de travail partagé chez Stop & Work pendant un an. Un choix que Pierre, un habitant de Chatou, n’a pas hésité à faire. « Ici c’est sympa et il y a une très bonne ambiance. J’arrive mieux à me concentrer, commente ce consultant dans l’éducation. L’avantage, c’est qu’ils ont des bureaux partout dans le monde. Ils en ont notamment au Maroc, ce qui est parfait, car je suis en mission à l’étranger environ 4 mois dans l’année ». Pierre, qui a sympathisé avec d’autres coworkers, ne souhaitait pas renoncer aux échanges humains. « Nous sommes des animaux sociaux. Nous avons donc quand même besoin de contacts. Lors des réunions, les interactions non verbales sont aussi très importantes », estime-t-il.
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PSA Poissy, site pilote pour le développement du télétravail
New Era of Agility, tel est le nom du vaste dispositif de déploiement du télétravail mis en place par la direction du groupe PSA dans le monde. 40 000 collaborateurs seraient concernés, dont les 5 400 du Centre d’expertise métiers et régions (ex-pôle tertiaire) à Poissy qui fait figure de site pilote en la matière. Des travaux sont d’ailleurs en cours pour reconfigurer les lieux et laisser « une large place aux espaces de travail collaboratif et créatif, aux espaces d’échanges formels et informels dans un environnement convivial et digital qui permettront un travail en équipe efficace et un lien social facile », précise la direction.
L’objectif du groupe est de mieux combiner télétravail et travail en présentiel dans le but de réaliser des économies sur son parc immobilier et réduire son empreinte carbone.
« Nous avons commencé à le mettre en place en 2015 », expliquait Xavier Chéreau, directeur des ressources humaines et transformation chez PSA en juin dernier. Cette année-là, le groupe comptait 2 500 salariés en télétravail. « En 2018, nous sommes passés à 18 000 et durant le confinement 38 000, voire 40 000 en période de pic. »
Au sein du groupe, des négociations avec les partenaires sociaux ont été menées dès le 6 mai dernier. Depuis lors, six groupes de travail ont été constitués avec des thématiques précises (outils IT, services et espaces sur les sites, lien social, accompagnement managérial, charte et réglementation (qui comprend le droit à la déconnexion, le remboursement des frais…), etc.) « Nous allons construire les mesures avec les partenaires sociaux, soulignait le DRH en juin dernier. Puis, nous laisserons deux mois de vie avec ce nouveau process et nous referons une enquête auprès de nos collaborateurs. »
Une première mesure a déjà été actée : les collaborateurs disposent désormais de 25 jours de télétravail à répartir sur l’ensemble de l’année, en accord avec leurs manageurs. « Nous allons même passer à 30 jours », précise le DRH.
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