Municipales : François Baroin veut un deuxième tour « la deuxième quinzaine de septembre »
LE COURRIER DES MAIRES - Aurélien Hélias -16/04/2020
Auditionné par la délégation sénatoriale aux collectivités locales, le président de l’AMF ne croit pas à un deuxième tour fin juin mais repousse l’idée d’un report à mars 2021. Et le premier magistrat reconduit dès le 15 mars à Troyes appelle à installer au plus tôt les maires et conseils municipaux élus dès le premier tour, dès fin mai si le conseil scientifique le permet.
Le 21 juin ? Courant octobre ? En mars 2021 ? Depuis plusieurs semaines, les hypothèses vont bon train sur la date qui sera retenue par l’exécutif pour organiser le second tour des élections municipales. Des hypothèses dont le caractère plausible fluctue au gré des débats parlementaires, des interventions du ministre de l’intérieur, petites phrases glissées par le Premier ministre Edouard Philippe ou encore des bruits de couloir venus de l’Elysée…
Auditionné à distance en compagnie de ses alter-egos de l’ADF et de Régions de France, le président de l’Association des maires de France (AMF) François Baroin a jugé que la meilleure date serait « la deuxième quinzaine de septembre ». Pour le maire (LR) de Troyes, le rapport du conseil scientifique attendu pour le 23 mai dira certes si la tenue du deuxième tour est « compatible avec le mois de juin », première date envisagée dans la loi d’urgence sanitaire Covid-19. Mais l’ancien – éphémère – ministre de l’Intérieur ne croit pas à une telle hypothèse d’un 2ème tour de scrutin se tenant alors que cafés, restaurants et cinémas seraient eux fermés pour éviter tout rassemblement. « Il est acquis que jusqu’au 14 juillet un certain nombre d’activités privées ne pourront pas se tenir… », a-t-il glissé.
Pas question de reporter à mars 2021
Quant à l’hypothèse de repousser d’un an ce deuxième tour qui devait initialement se tenir le 22 mars, elle est fermement repoussée par l’édile : « il y a une grande différence entre la deuxième quinzaine de septembre et reporter en mars [2021]. Là, cela deviendrait un sujet politique », prévient-il. Explications : reporter d’un an signifierait d’abord faire rejouer le premier tour, ce à quoi s’oppose fermement le patron de l’AMF et une majorité d’édiles. « Il y a consensus de tous les maires sur le fait de geler les résultats du premier tour », assure-t-il, chose pour l’heure entérinée par la loi d’urgence Covid-19. Politiquement toujours, cela remettrait en cause l’ensemble du calendrier électoral, avec des élections sénatoriales initialement prévues pour octobre 2020 à repousser, de même que le calendrier des départementales (à tenir normalement en mars également) et régionales 2021 (après la dernière élection en décembre 2015) serait à repenser.
Autre argument avancé par le maire de Troyes : la nécessité d’installer au plus tôt les équipes municipales in fine élues lors du deuxième tour afin que le bloc communal soit en ordre de marche pour faire redémarrer la commande publique locale. « Nous sommes vraiment partisans de septembre car 70% à 75% de l’investissement public est porté par les collectivités et la relance se fera par l’investissement public », justifie-t-il.
Pour une installation la plus rapide des élus du premier tour
C’est le même argument qui pousse l’AMF à réclamer « l’installation dans les meilleurs délais des maires élus au premier tour ». Alors que les présidents d’associations d’élus étaient reçus à Matignon le matin-même, « il semble acquis qu’après le rapport du 23 mai, il y aura une volonté partagée d’installer le plus vite possible tous les maires et conseils élus au premier tour, témoigne François Baroin. Si les experts disent OK, on peut faire ça fin mai, ou au plus tard au milieu de la première semaine de juin », ambitionne le maire réélu de Troyes.
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