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Accueil » IDF Recherche néonicotinoïdes

La Région finance la recherche d’alternatives aux néonicotinoïdes

TLN RBT - Juliette Vignaud – 13/01/2021

La Région a accordé 1,2 million d’euros au groupe familial Deleplanque, issu de Maisons-Laffitte. Cette subvention va contribuer à la recherche d’alternatives à l’usage des néonicotinoïdes pour les betteraves sucrières. La société mansonnienne Deleplanque, producteur et distributeur de semences agricoles et de fertilisants solides et liquides, a reçu un financement de 1,2 million d’euros de la part de la Région Ile-de-France, portée par Alexandra Dublanche, vice-présidente chargée du développement économique et de l’attractivité, de l’agriculture et de la ruralité de la Région, ainsi que 330 000 € de la Région Grand-Est. Ces subventions s’inscrivent dans le cadre de son projet Modefy (MOnitoring and DEFence against Yellow virus). Ce dernier a pour objectif de trouver une solution génétique et agronomique durable à la jaunisse de la betterave sucrière et ainsi, une alternative aux néonicotinoïdes, un insecticide controversé de par les conséquences néfastes envers les abeilles.

 

Le retour des néonicotinoïdes

En 2020, la crise de la jaunisse a fragilisé l’ensemble du secteur sucrier si bien que les agriculteurs ont obtenu l’usage temporaire dérogatoire des néonicotinoïdes, et ce pour une durée de trois ans. En effet, faisant valoir une baisse de leur production de 30% en 2020 par rapport à la moyenne des cinq dernières années, et des pertes estimées à 280 millions d’euros, dont 45 millions en Ile-de-France, les betteraviers ont obtenu du gouvernement la réintroduction de ces pesticides, en attendant une autre solution technique. La loi qui l’autorise est parue au Journal Officiel, le 15 décembre dernier et stipule que, « jusqu’au 1er juillet 2023, des arrêtés conjoints des ministres chargés de l’agriculture et de l’environnement […] peuvent autoriser l’emploi de semences traitées » avec des produits contenant des néonicotinoïdes « dont l’utilisation est interdite en application du droit de l’Union européenne ou du code rural et de la pêche maritime ».

 

Lutter contre la jaunisse

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’utilisation des néonicotinoïdes permettait d’éviter la jaunisse de la betterave, une maladie inoculée par les pucerons. Ce pesticide enrobait les graines des betteraves jusqu’à son interdiction en France, en 2018, car il est accusé d’être un « tueur d’abeille ». En effet, des traces de ces pesticides peuvent se retrouver dans des cultures non traitées où les abeilles peuvent butiner. C’est pourquoi le groupe Deleplanque, en partenariat avec ITB (Institut Technique de la Betterave) et l’INRAE, s’investit dans la recherche d’alternatives par son projet Modefy : « La jaunisse est une maladie dramatique car elle remet en cause une filière », déplore Laurent Boisroux, directeur de l’agronomie chez Deleplanque. Ce projet s’inscrit dans le plan « Vision Blue » du groupe qui s’oriente vers une agriculture résiliente avec progressivement moins de produits phytosanitaires.

 

Avec Modefy, il souhaite « contrôler les conséquences de la jaunisse par des recherches agro-écologiques, biologiques et génétiques ». En d’autres termes, Modefy consiste à une recherche des souches résistantes au virus de la jaunisse à l’intérieur d’une même génétique, la beta maritima. Par exemple, parmi les axes de travail, les ingénieurs vont s’atteler au phénotypage des variétés ou encore à des innovations technologiques comme la dissémination de pucerons et d’auxiliaires.

 

« Dès cette année, nous avons remarqué que nous avons une très forte variabilité génétique. Cela nous montre que nous ne partons pas de zéro dans le projet Modefy car quand on fait de la génétique, il est essentiel d’avoir de la variété », complète-t-il. Au total, 3,9 millions d’euros sont investis pour Modefy. Des premiers résultats sont attendus d’ici 2022 et 2023 avant la synthèse et la publication des solutions en 2024. Le groupe va également continuer les discussions avec la Région Hauts-de-France, pilier de la production betteravière française, concentrant la moitié des volumes, pour obtenir d’autre subventions.

 

Filed Under: Ecologie Infos Divers, Presse Tagged With: Ecologie Infos & Divers

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